Vous estimerez sans doute que je relaie des informations insignifiantes. Pas du tout: parce que si des sites comme Rue89.com ou bien Backchick.info venaient à disparaître (notons qu'ils emploient en moyenne une demi-douzaine de permanents et jusqu'à plusieurs dizaines de pigistes), ce serait un nombre important d'internautes qui se détourneraient d'importants portails d'info pour inonder nos blogs politiques de visites, de commentaires...Je rêve, bien sûr ?

J'enregistre 50 fois moins de visites par jour en moyenne que ces sites si l'on en croit
l'article linké. Si mon blog n'est pas tellement visité en comparaison de..., je l'attribue au fait que:
-cela ne vous a pas échappé, je ne suis pas journaliste
-je n'ai pas de vocation généraliste
-le design de mon blog n'a pas vocation à soutenir la comparaison avec l'infographie de sites comme Rue89.com ou
Desourcesûre

-je ne respecte aucune charte déontologique sinon celle que je veux bien me fixer, liée à ma morale personnelle et à mon observation (scrupuleuse) des pratiques dominantes sur les blogs...

-je peux être critiqué pour des analyses jugées "simplistes" et "parisiennes" (ce qui ne veut pas dire qu'elles le soient: voilà bien pour moi des critiques sans intérêt)...

Je découvre hier chez Romain l'incise suivante, d'une commentatrice lyonnaise de Lyonnitude(s):

Par contre Julien Toledano, peut être sympa en vrai, est numériquement insupportable ! Sectaire, simpliste, complètement incohérent dans son soutien de Ségolène sur des positions de gauche du parti...
Enfantin dans ses réactions souvent...

Enfin, bon, c'est peut être pour ça qu'on le lit...


-je suis trop indépendant et extérieur à la notion de conflit d'intérêt pour être l'objet de massives attentions (nous sommes en France, pays de la corruption des médias et de l'autocensure...).

 
D'ailleurs, je suis critique du travail que font ces sites d'information gratuits. Je préfère mentionner l'exigence éditoriale de Médiapart, projet certes plus tarabiscoté au départ, que beaucoup d'observateurs à la petite semaine ont donné perdant d'emblée. Qui à mon sens survivra et atteindra un momentum financier au terme des trois ans qu'il s'est fixé (j'écris cela n'ayant pas souscrit d'abonnement pour l'heure, me basant sur ce que je vois sur le site et les informations éparses que je reçois...).

Si certains de ces sites venaient à disparaître, ce serait évidemment dommage pour leurs concepteurs mais je ne suis pas convaincu que cela serait une perte considérable pour "le pluralisme de l'information". N'étant pas bêtement darwinien, je pense que les publics récompensent toujours in fine la qualité et le progressisme du projet, pas l'infographie et la manière dont le fric est injecté: le fait que
Rue89.com ait été crée par Pierre Haski, de Libération, qui n'est pas un progressiste, qui n'ait en tête que "start-up" et "montage financier" est le plus important et me laisse penser que ce site ne fait que reproduire une idéologie dominante que l'on retrouve dans les médias papiers ou télévisuels: sensationnalisme, focus sur les gens importants, traitement compartimenté du social, absence de la mention d'"alternatives" sur les sujets économiques, choix de ne relayer que des stratégies d'influence, enquêtes souvent bâclées et partiales...Peu importe la navigabilité, bien meilleure que pour Mediapart !

Je ne me fais peut-être pas que des amis en écrivant cela (si l'on me lit) mais je souhaite donner un sentiment personnel, sur une question que je n'ai pas eu souvent l'occasion de traiter sur ce blog...

En matière de relations sociales et du travail, je ne pense pas que ces sites d'informations ayant opté pour la gratuité rémunèrent suffisamment leurs collaborateurs. De plus, ils leur proposent, de toute évidence, des contrats très précaires, voire de simples stages. A ma connaissance, il n'y a pas de syndicats ou de contre-pouvoirs d'entreprise en leur sein et le culte du patron-fondateur (bien que copain de tous et n'occupant qu'un coin de table dans des locaux exigus) y est un dérivé du Libération de Sege July, autrement dit de ce que mai 68 a accouché de pire dans l'esprit...

 De ce point de vue, je pense que
Médiapart a une longueur d'avance (ou peut-être tire les enseignements de ces prédécesseurs "gratuits"), comme nous l'avait expliqué (et j'en avais été convaincu) Edwy Plenel et les fondateurs de Médiapart, lors de la présentation qu'il firent le 15 mars dernier au cinéma MK2 de Bibliothèque François-Mitterrand: plus de permanents, pour un projet qui rejette à juste titre le "mythe" de la gratuité: tout ne peut pas être gratuit sur Internet ou dans la vraie vie: de ce point de vue, les "gratuits" (Métro, 20 minutes, Directmatin et leurs versions en ligne respectives,...) produisent des contenus bâclés, manquant de stratégie et de ligne éditoriales, ne laissant pas de place à une "diversité" en leur sein... 


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Je roulais en Vélib' vendredi soir, traversant la place Edmond-Rostand en direction de la rue Soufflot, prêt à grimper en direction du Panthéon.

Au feu rouge, en face du Mac Donald's, face aux grilles du Luxembourg, une jeune femme grande et fort bien mise me regarde d'un air bienveillant, quoique furtivement.

Je parviens dans sa direction et j'ai tout le temps de lui rendre la pareille. Et tout d'un coup, alors que nos regards se quittent déjà, je me rends compte que je viens de voir
ma présentatrice d'émissions politiques préferée. Pour qui je ressens de l'inavouable, depuis des années, malgré ses engagements éditoriaux discuables...

Je l'imaginais plus petite en réalité. Peut-être plus "mignonne"  que "belle". Le contraire de ce qu'a offert à mon regard la réalité sensible de sa personne. En fait, je ne pouvais l'imaginer... Pourvu qu'elle ne me lise pas...


                                                                


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Après la photo du jour, le sondage du jour. Je sais que beaucoup de mes connards de lecteurs (c'est la première et la dernière fois que je vous insulte, chers lecteurs qui me rapportez...) n'aiment pas que je fasse cela, c'est-à-dire exposer publiquement ma haine de Jean-Michel Aphatie, haine qui va jusqu'au souhait (j'espère !) qu'il soit enfermé un jour au bagne des îles Galapagos, où les sbires de Pinochet exilaient leurs opposants.

En attendant l'exécution des Chiens de Garde de la droite au pouvoir, voici un sondage intéréssant, que je dois à MC et, par ricochet, à
Menstrues délétères. Merci ! Pour voter, il est encore temps...








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Il y a pire qu'André Glucksmann et fils. Il y a Robert Ménard, un insupportable droit de l'hommiste qui occupe tous les médias dominants et instrumentalise depuis 20 ans la thématique des Droits de l'Homme.
Cibler Ménard n'est pas facile (même remarque faite sur certains journalistes) et c'est pourtant une priorité: financé par le grand patronat pour exploiter une émotion facile, sur le Tibet comme sur la Birmanie, sa bêtise d'ancien trotskyste devenu valet du Grand Capital bien pensant, vaut bien une campagne contre sa petite personne.

Alors, si vous passez par ici, pensez à ne pas le rater sur vos blogs ou auprès de vos amis !


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Selon les textes et la pratique républicaine, la campagne électorale est close depuis hier soir. 0 h 00: extinction des feux. Plus personne n'a droit de donner de consignes de vote, comme je l'ai fait encore hier soir. La propagande politique est interdite. Surtout, la diffusion de sondages.

Dans cette conjoncture restrictive, l'envie me brûle, croyez-moi, de diffuser des rumeurs, de lancer à la cantonnade des sondages, de spéculer jusqu'à demain sur
ce qui va vraiment se passer dans les villes qui vont connaître l'alternance à gauche. Surtout d'informer à l'avance des changements qui vont se produire dès demain à Paris, dans les 5ème et peut-être, 15ème arrondissements. Avant même que les électeurs se soient déplacés....

Attitude vaine ? Pas tant que cela: commenter avant les Rozès, Perrineau, Reynié et autres blogueurs influents à la soirée IPol de demain (dont je serai), c'est un privilège jouissif: tous de service demain soir pour "expliquer" dès 19 heures, à ses ignares de Français, les changements locaux qu'ils vivent, leur "expliquer" les conséquences politiques pour la Majorité ou pour l'"Opposition".
 
Rozès, Perrineau, Sainte-Marie, Reynié, consultants à gages, chefs des services "politique" des grands médias: vous conserverez une fois encore votre monopole absolu du savoir politique, de la visibilité, de la crédibilité experte, de la diffusion au compte-gouttes des résultats au rythme que vous l'entendrez.Et ce "à partir de 20 heures", c'est entendu !

Et votre monopole de l'interprétation du vote, de la sociologisation fine, des "comportements" dans chaque bureau de vote de chaque sous-section d'un arrondissement de Paris. Surtout s'ils ferment à 22 heures.

Vous qui connaîssez déjà avec certitude les tendances à 14 heures, le cul sur vos fauteuils présidents, dans vos confortables bureaux aux portes capitonnées des alentours de Sciences Po Paris.  Vous qui aurez pris le soleil dominical à la terrasse du Flore jusqu'à 18 heures, avec dans votre besace toute la presse étrangère et dominicale achetée au numéro au kiosque de Saint-Germain (que dis-je ? Vous êtes déjà abonnés par le Cevipof). 

Vous qui percevrez demain soir une pige honnête de 800 € pour quelques commentaires en plateau, comme à chaque soir d'élection, pour haranguer de votre magistère et votre tchatche vulgarisatrice les masses d'anonymes mal payés qui vous écouteront demain soir dans leurs logements sociaux: sur France Info, France Inter, LCI, BFMTV,RTL, France 2...

Véhicules rutilants rue de la Boétie, rue de Solférino, devant l'Hôtel de Ville. Des Etats-Majors bien sapés, bien nourris, hâles retour-de-Courchevel, souriants ou feignant un air préoccupé, l'oreille sur le portable, des militants triés sur le volet avec accès réservé aux sièges de campagne, euphoriques...

Eh bien oui, c'est cela la démocratie en France. C'est bien comme ça les soirs d'élection. On ne va pas s'en plaindre pour une élection de plus ?

L'essentiel n'est-il pas que ces agneaux d'électeurs se soient déplacés et aient "bien voté" pour ces Municipales ?


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C'est un sujet TF1 ? Non, mais typiquement France Inter-la Peste, dans son édition matinale, où responsabiliser le pauvre est le coeur de métier.

"50 à 60 pleins non payés dans cette station, surtout en fin de mois, après le 25: des mères de famille, des motards, surtout de nuit. Souvent, ils repartent le coffre ouvert, pour qu'on ne puisse pas prendre leurs plaques d'immatriculation".

Voici ce qu'on inflige à 4 ou 5 millions d'auditeurs, dès le matin.



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Je l'apprends par Marianne: Serge Halimi prend les rênes éditoriales du Diplo.

Je pense que c'est une bonne nouvelle concernant l'avenir du titrre: Serge Halimi a montré, depuis des années, qu'il est le plus pertinent (sinon le seul) analyste critique généraliste des médias (en France). 
Je n'oublie pas, bien sûr,l'
Acrimed

Mais pas seulement...

Il est aussi un fin connaîsseur des Etats-Unis,  où il a fait ses études, et en particulier des médias américains. Dans ce qu'ils ont eu d'odieux et de chape de plomb sur l'opinion américaine après le 11 Septembre.

Autant l'on pouvait critiquer Ignacio Ramonet et ses "propagandes silencieuses" un peu light dans leur portée, ses éditoriaux du Diplo qui se ressemblaient et ronronnaient un peu depuis quelques années (de même que le titre, dont le lectorat décline depuis les grandes heures de l'altermondialisme).
 Autant, Serge Halimi continue de déranger par un côté très-documenté, l'abondance de citations dans ses analyses, ses livres, sa culture générale politique très étendue.

Mais Halimi  demeure un spécialiste anti-médias dominants. Qui ne touche pas à tout, donc. Et qui n'apparaît pas partout, surtout (ses interviews sont rares-des podcasts ou conférences filmées-et ses apparitions médias rarissimes)

Que les néolibéraux se tiennent tranquille: il n'y aura pas d'"ouverture" du Monde Diplomatique, quand bien même les collaborateurs du titre sont divers et ne répugnent pas à jouer les experts géopolitique dans des émissions très business. Par exemple, Frédéric Lordon, qui signe l'édito de ce mois de mars, expert es-économie que vous pouvez retrouver dans les "Matins" de France Culture, par exemple.

Mais vous n'y verrez (ou entendrez) jamais, à priori, Serge Halimi...


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A propos de la "promotion" de Christine Ockrent à la Direction générale de France Monde, holding de l'audiovisuel public extérieur français...


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Après les désagréments engendrés par l'exercice de ma liberté d'expression sur Internet ces derniers jours (en Anglais constitutionnel: Freedom of Speach, cf the Federalist Papers), j'ai pu longuement méditer sur l'importance qu'a pris dans l'Histoire contemporaine de la France la notion de délit de presse.

Notion juridico-historique un peu floue, qui renvoie d'emblée à
l'Affaire Salengro (un ministre socialiste du cabinet Blum qui s'était suicidé suite à une campagne d'attaques diffamantes et quotidiennes contre lui de la part de la presse d'extrême-droite de la fin des années 1930...). 

En fait, la notion de
délit de presse est toujours demeurée quelque part au centre de la vie politique française depuis l'affaire Dreyfus, sauf en période d'expansion (Belle-Epoque, années 1920, Trente Glorieuses).
 
Et pour cause, la grande loi érigeant les libertés fondamentales des
publications de presse date de 1881, c'est-à-dire à une charnière déterminante: au terme de l'ère répressive du Second Empire, liberticide, et au moment où commence à se développer les "puissances d'argent", facteurs de libéralisation. 

Le parti antisémite (Ligue antisémitique, Ligue des Patriotes, Action Française.etc.), principal fauteur de délit de presse sous la Grande Dépression (1880-90) puis sous la  Belle-Epoque (1895-1910), s'est développé en un temps record après la promulgation de la loi. A un moment historique caractérisé par une forte concentration capitalistique-les années 1880-, sur fond de crise économique et sociale (le Krach de l'Union générale préfigure notre banqueroute de la Société Générale...).

Les attaques par voie de presse (toujours qualifiées par la partie incriminée de "diffamation" ou de "calomnie", et par la partie incriminante de "liberté d'expression") ont toujours été plus intenses et juridiquement conflictuelles en période de repli économique et social qu'en période de vaches grasses. En effet, la concurrence entre groupes sociaux, et donc entre individus ou personnes morales, y est plus forte. Et la lutte politique pour la conquête du pouvoir plus féroce, en raison du peu d'alternatives laissées au groupes sociaux marginaux de s'émanciper par d'autres moyens.

Il est symptomatique que
l'affaire du SMS de Sarkozy à Cécilia Albeniz (où un président de la République en exercice poursuit devant la Justice un titre de presse, le Nouvel Observateur, dont il n'a eu de cesse d'affirmer en public qu'il le déteste) n'ait pas d'équivalents sous les septennats de François Mitterrand, Jacques Chirac, ou encore Valéry Giscard d'Estaing. Il nous faut revenir à la Belle-Epoque pour exhumer des têtes de l'exécutif aussi vindicatives envers le Quatrième Pouvoir.

Cela est d'autant plus remarquable que le pouvoir d'Etat en place n'a jamais été autant dépendant dans sa quête de points d'indice de popularité du prisme et de la bienveillance des médias que sous Nicolas Sarkozy.  Il faudrait bien sûr introduire comme variable explicative le rôle des sondages fabriqués, les nouveaux modes de manipulation de l'opinion via des faits divers, racontars et autres diversions sporadiques par des évènements sportifs.

Nicolas Sarkozy ayant été littéralement porté au pouvoir par les médias (comme l'ex-président
Collor au Brésil le fut au Brésil en 1989, l'ex-président Fujimori au Pérou en 1990 ou encore l'actuel président Poutine en Russie en 1999), il est d'autant plus dépendant de ces mêmes médias dans son maintien au pouvoir: si les médias lâchent aujourd'hui Sarkozy et vont trop loin dans le scabreux ou l'insignifiant à son sujet après l'avoir glorifié et porté aux nues (peu importe que le SMS soit bidonné par le Nouvel Observateur ou pas), Sarkozy se trouve quand même politiquement mort en raison du gap immédiat et irréversible qui se sera produit chez les Français entre une réputation d'omnipotence fake d'une part (construite savamment par les médias depuis 2002), et une réalité politique, économique, sociale, faite de démonstrations d'impuissance pure, d'autre part. Où le politique, en tout cas, ne joue plus aucun rôle...
                                                   


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