Dans l'affaire de l'"espionnage" d'Olivier Besancenot, il est sage d'attendre pour en savoir plus (nul doute que la Justice saura éclaircir rapidement après
le dépôt de plainte contre X du couple Besancenot):
Quel type d'officine les filait ? A l'évidence,
il s'agissait d'une société de détectives privés. Rémunérée par une entreprise privée (SMP Technologies, dont le site
Internet n'est plus accessible qu'en cache, distributrice du pistolet
taser), à laquelle Besancenot nuisait par des prises de position pendant la campagne présidentielle.
La piste politique est donc à-priori écartée mais il n'est nullement interdit de considérer que le politique a été "facilitateur" de la mise en place de cette filature...
S'agissant de Besancenot, un problème d'image (lourd)
demeure: bien que "militant révolutionnaire", il a un rapport aux médias très problématique, si bien qu'il n'est pas rare de lire qu'il est le "meilleur
ami de la droite". Je ne souscris pas à cette analyse mais il faut bien constater qu'il est apprécié, voire louangé, dans les milieux médiatiques qui desservent le plus objectivement les
intérêts de la gauche: Etienne Mougeotte peut lui dire qu'il est
"beau" sans le faire sourciller au Grand Jury RTL, Askolovitch dresser de lui un portrait flatteur dans l'Obs' de cette semaine, et le monde du travail
dans son ensemble ne pas s'en porter mieux pour autant.
On pourrait même avancer que Besancenot dessert plus qu'autre chose les causes qu'il dit défendre: je n'ai pas d'opinion définitive sur cette question. S'agissant par exemple des
salariés sans-papiers ou des services, Besancenot fait partie de ceux qui parlent le plus (et agissent) dans l'intérêt du nouveau précariat des services. Qui travaille dans des structures de
petites dimensions, sous payé, tenu à une convivialité permanente envers "le client", jettable à merci, sous les coupes de managers harceleurs et de directions irresponsables...
Au PS (faisons notre autocritique), nous avons trop longtemps fermé les yeux sur ces nouvelles formes d'exploitation et donc été incapable de réagir (de même que les principaux
syndicats) lorsque de premières luttes "sauvages" sont apparues (ainsi dans les Mac Do, lors des premières actions, en 2001, qui ont vu-comme par hasard-depuis les conditions de travail,
statutaires et salariales s'améliorer pour les "équipiers" de
fast-foods).
Commentaires