Plutôt que de profiter de ce magnifique temps estival à Paris, j'ai préféré aller voir Bataille à Seattle, une très bonne reconstitution des 4 journées de blocages, par des militants altermondialistes (à l'époque, on disait "anti-mondialistes"), de la Conférence ministérielle de l'OMC, aboutissant à son annulation et à son échec. Et surtout à décrédibiliser pour de bon, par la suite, cette infâme institution qui promeut la libéralisation du commerce international contre les peuples...

                                                                                   
"Bataille à Seattle" n'échappe à certains clichés et même à du sentimentalisme: les deux héros, organisateurs parmi les organisateurs et déjà fichés par la Police (laquelle est d'une rare brutalité, allant jusqu'à utiliser massivement les gaz lacrymogènes, frappant des enfants parmi les manifestants, faisant perdre son enfant à une femme enceinte qu'ils matraquent, utilisant des chevaux et des lances à eaux, mobilisant des moyens considérables), s'aiment dès le début du film et passent une nuit ensemble: l'héroine, déterminée et au physique volontaire un peu sauvage (très alter dans son genre), "bien roulée", est rouée de coups et de gaz mais retrouve dans une cellule le héros charismatique des manifestants, cheveux longs et look "alter" de rigueur...

L'essentiel n'est pas là: c'est la réussite dans 
la mise en échec des pourparlers de Seattle qui devaient lancer le Millenium Round par des militants jeunes et sans expérience, folkloriques dans leur manière d'être, malgré leur grande préparation. Et le dégoût que ressent progressivement le Maire de la ville (ancien 68ard soucieux de popularité), puissance invitante, obligé sous la pression du secrétariat de l'OMC écoeuré, du Gouverneur de l'Etat de Washington d'en appeler à la Garde Nationale pour tenter de dégonfler, avec les organisateurs (têtes patibulaires de mêchants "maîtres du monde", pourtant bien réalistes), le flot croissant de jeunes manifestants, black blocks, bientôt rejoints pas des travailleurs et des habitants solidaires de Downtown Seattle.

Tout cela pour éviter que Clinton ne puisse faire le déplacement ou que des médias aux ordres du Grand capital soient obligés de reconnaître qu'il y a des dysfonctionnements dans la machine bien huilée qu'incarnent les lobbyistes des majors pharmaceutiques, venues défendre à Seattle les brevets contre la diffusion des traitements antiviraux contre le Sida...

29 novembre-2 décembre 1999: je m'en souviens comme si cela était hier: ce fut un grand moment que Seattle car cela a marqué pour la première fois l'introduction d'un grain de sable dans le cours libéral de la Mondialisation. Contesté de surcroît dans le sein des seins: ville bobo certes, mais également siège de Microsoft ou de Starbucks (lequel groupe avait vu ses vitrines de coffee shops détruites par la violence des affrontements, dans lesquels étaient intervenus des casseurs incontrôlés...). 

A l'heure où le libéralisme économique reflue à un point jamais vu dans les enquêtes d'opinion, et est aujourd'hui une idéologie ringarde, de losers aigris, Bataille à Seattle est un film à voir. A dévorer même.

Edit: voici des images de ces affrontements (bien représentés par les tenues des policiers anti-émeutes et le décor urbain tout de verre dans le film...)

                                     


'

ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback publié dans : News

Commentaires

Ouais m'enfin, la vraie bataille qu'il aurait fallu reconstituer parce qu'on ne connaît pas encore la vérité, c'est le G8 à Gênes... c'était d'une autre violence qu'à Seattle...
commentaire n° : 1 posté par : Diego (site web) le: 08/05/2008 19:54:51

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article
Jeudi 8 mai 2008

Publicité

Liens

Recherche

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Catégories

Album photos

 
transfert nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus