Je ne suis pas d'humeur à ironiser, à me moquer pour me moquer d'une initiative comme celle-ci, qui mérite d'être lue, voire méditée ligne à ligne: en l'occurence celle de Bertrand Delanoé pour
promouvoir son projet jospinien pour faire barrage à Ségolène Royal.
En lisant la présentation de ce rapport, je suis
atterré de voir à quel point on ne se comprend plus à gauche sur pleins de sujets, qu'on ne parle plus le même langage, qu'on se surprend à être aussi étranger sur les
formules utilisées dans des textes supposés de synthèse, sur les réalités sociales que l'on voit, sur les focus que l'on attire sur tel ou tel aspect des réponses que l'on dit
vouloir apporter par ordre décroissant de priorité.
Et à quel point, par-dessus tout, il va falloir, à un moment donné, que l'on s'explique. Avec cette gauche qui fait semblant de ne rien comprendre. Et dont le
projet (pour ce que j'en lis, tel qu'il apparaît sur mon écran) est plat et vide.
Voici un copié-collé des passages les plus "mauvais" (trollesques, ai-je envie d'écrire) de ce petit topo de présentation du rapport de 11 pages attrribué au camarade Bertrand et à ses
talentueux lieutenants (Harlem Désir), sur le site "Clarté, courage, créativité" (sous-titré "Pour un grand congrès socialiste"):
"Nous le devons au pays. Celui-ci va mal.La France prend du retard, sa compétitivité s’est
dégradée, ses finances publiques sont désastreuses, ses atouts sont gâchés par des politiques économiques
dépassées, ses relations sociales sont archaïques et son système institutionnel et politique déphasé".
: bref, soyons déclinologues à gauche avec Bertrand. Bertrand saît l'être puisqu'on ne parle plus de Paris mais de la France...
Plus loin, l'excellent constat d'une DROITE INCOHERENTE ET DURE. Ah ! Si seulement la droite pouvait être un peu plus cohérente et un peu moins dure avec les
pauvres, on n'aurait plus besoin de s'opposer !
"Le premier principe est de porter un regard lucide sur les difficultés – financières et budgétaires notamment - auxquelles la France est confrontée et qu’aggrave l’actuelle action
gouvernementale": autrement dit, priorité à l'austérité budgétaire et à la "modernisation" libérale des Finances publiques, sur l'exemple de ce qui est fait à Paris et, par la droite, à l'échelon
national.
"Le second principe est de préconiser des solutions politiques qui répondent réellement au diagnostic établi, afin que le moment venu, notre action de gouvernants soit fidèle à notre
discours d’opposants": une formulation lourde, jospinienne, néostalinienne, qu'on retrouve à bien des endroits de ce long texte monocorde...
"Le troisième principe est d’assumer notre identité sans céder aux injonctions de ceux qui, au nom d’une « radicalité » de gauche mécaniquement revendiquée, neutralisent en fait
des forces de transformation sociale et renoncent à toute confrontation de leurs convictions avec l’exercice des responsabilités": autrement dit, le principe n°3 est de dire, dans la plus pure
acception jospinienne, que "l'extrême-gauche, voilà l'ennemi !". Et la droite, Bertrand, Elisabeth ou Lionel la connaîssent-ils ? Y-a-t'il même une droite pour eux ?
Je ne saurais trop vous inviter
à lire et méditer ce rapport. Parce qu'"Au secours, Lionel revient par la fenêtre !"
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