Nicolas Sarkozy s'enfonce encore, Ségolène Royal serait élue au 2è tour

NOUVELOBS.COM | 05.05.2008 | 18:39

Selon une enquête LH2 réalisée les 2 et 3 mai, le président de la République n’est plus crédité que de 36% d’opinions positives (40% en avril). D'autre part, si l'élection présidentielle avait lieu maintenant, les résultats du second tour seraient inversés : Ségolène Royal 53%, Nicolas Sarkozy 47%.

Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy

 

Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy

(c) AFP

 

L’enquête réalisée par LH2 pour nouvelobs.com aboutit à un constat sévère pour Nicolas Sarkozy : tandis que les cotes de popularité de l’exécutif enregistrent un nouveau recul et que les jugements sectoriels sur la politique du gouvernement se montrent très sévères, si l’élection de mai 2007 était à refaire, les résultats du second tour seraient inversés, à la faveur de Ségolène Royal (53% contre 47% pour le Président en fonction). Ce résultat alors même que l’ex-candidate malheureuse en 2007 n’apparait pas comme le leader incontesté à gauche.
 

Une nouvelle baisse de la popularité de l’exécutif

 

Nicolas Sarkozy, en tant que Président de la République, n’est plus crédité que de 36% d’opinions positives (contre une majorité absolue d’opinions négatives à 53%), ce qui constitue le score le plus bas enregistré par LH2 depuis son élection. On notera une critique particulièrement exacerbée au sein des cadres et professions intellectuelles supérieures (27% d’opinions positives / 60% d’opinions négatives), lesquels n’ont jamais, du reste, fait partie de ses soutiens. En revanche, on observe qu’en termes de proximité partisane la majorité continue de faire front : 80% contre 16% au sein des partisans de droite, et, dans les détails 89% contre 8% au sein des sondés des sondés se déclarant proches de l’UMP.

Le Premier ministre fait également les frais de cette tendance baissière. François Fillon n’enregistre que 46% d’opinions positives, contre 41% d’opinions négatives. Le solde demeure donc positif mais de peu, d’autant qu’il ramène le chef du gouvernement à celui de l’automne 2007.

 

Un bilan annuel sévère, en particulier sur la question du pouvoir d’achat

 

Corollaires du désaveu renouvelé de la tête de l’exécutif, les jugements portés sur la politique qu’il met en œuvre, par secteur, se révèlent largement négatifs.

En effet, lorsque les Français interrogés sont invités à se prononcer sur le « bilan à un an » du chef de l’Etat et de son gouvernement, ils dressent un tableau sans appel de ce dernier. Seule la politique européenne enregistre un solde positif, mais de peu : 43 % des sondés la jugent rétrospectivement comme étant « plutôt un succès » que « plutôt un échec » (37%). Aux autres items proposés, les réponses sont majoritairement négatives : le rôle de la France dans le monde (38% de « succès »/43% d’« échec », l’environnement (36%/44%), l’emploi (25%/60%), la fiscalité (22%/60%). Dans le cadre de ce bilan annuel, deux domaines cristallisent particulièrement le mécontentement de l’opinion publique : la croissance économique (13%/72%), mais surtout le pouvoir d’achat (5%/85%). Pour ce dernier domaine d’action, la virulence des critiques est telle qu’elle transcende largement les clivages partisans ; seuls 12% des sympathisants de droite émettent un jugement positif (contre 73% un jugement négatif).

 

Une gauche toujours en quête de leader

 

Qu’il s’agisse de la question portant sur le meilleur leader de gauche ou celle ayant trait à son chef de fil le plus approprié, le même constat s’impose. Au fil des vagues de notre baromètre, et malgré le bon résultat de Ségolène Royal aujourd’hui, aucune personnalité ne parvient à émerger de façon réellement significative et pérenne. Preuve supplémentaire de ce leadership pour l’heure introuvable : au-delà des perceptions du grand public, les écarts séparant les différents protagonistes ne sont pas signifiants, que ce soit du côté des sympathisants de gauche, ou plus précisément du côté de ceux se déclarant proches du PS.

 

Et si c’était à refaire…

 

Preuve du mécontentement quant au pouvoir en place, les résultats de notre intention de vote « fictive ». Si le second tour de l’élection devait se jouer dimanche prochain, sur les suffrages exprimés, il apparaît maintenant que Ségolène Royal l’emporterait contre Nicolas Sarkozy, avec un score rigoureusement identique, mais cette fois-ci en sa faveur, à celui de l’an passé (53% versus 47%). Ce résultat sanctionne sans doute le bilan annuel peu glorieux de Nicolas Sarkozy : il peut également constituer pour la gauche un espoir de se positionner en alternative crédible au gouvernement.

 

Stéphane Marder, directeur général adjoint de LH2

  

- Sondage réalisé par téléphone les 2 et 3 mai 2008 par l'institut LH2 pour le site nouvelobs.com. L'enquête a été réalisée selon la méthode des quotas auprès de 1004 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.


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Commentaires

Des sondages à quatre ans de l'échéance ne sont guère significatifs, on le sait. Dans le cas de Madame Royal, on nous a déjà fait le coup de la madone des sondages pour le résultat regrettable que l'on sait.

Toujours est-il que la défaveur -- légitime -- de Sarkozy dans les sondages aura au moins pour effet je l'espère de permettre à la gauche démocratique de remporter les élections intermédiaires pour par exemple renforcer la famille socialiste au Parlement européen l'an prochain, prochaine échéance électorale.
commentaire n° : 1 posté par : Valéry (site web) le: 06/05/2008 07:48:22
@Valéry,

J'entends bien que nous sommes à 4 ans. Il n'empêche que des sondages sortent et qu'il font sens dès lors que Ségolène Royal ne cache pas qu'elle souhaite se battre pour la prochaine investiture, de nouveau.

De plus, elle n'a jamais été-à ma connaîssance-à un tel niveau dans les sondages face à Sarkozy. A l'automne 2006, on avait du 51/49 dans les plus hauts étiages.
Aujourd'hui, ce serait l'inversement du score de la Présidentielle. Et le tout à un an jour pour jour de sa défaite.

Je souhaite bien sûr que la gauche remporte haut la main les prochaines élections intermédiaires (Européennes en l'occurence).
commentaire n° : 2 posté par : Julien (site web) le: 06/05/2008 10:28:34
On connaît l'importance de la campagne dans l'élection présidentielle. Or, ça fait bientôt 1 an que ni Ségolène ni Sarkozy ne sont en campagne. C'est la campagne qui fait la différence. C'est la campagne qui a propulsé Sarkozy et Bayrou vers les sommets sondagiers (c'est français sondagiers ?) et a entraîné Ségolène dans le caniveau. De plus, il y a fort à parier que dans les 53% qui voteraient Ségolène, il n'y a pas un fort vote d'adhésion. Alors les sondages "on refait le match", personnellement, je n'y répondrais même pas.
Ces sondages ne servent à rien vu la différence d'exposition entre le Président de la République et une membre de l'opposition sans statut, si ce n'est Présidente de la Région Poitou-Charentes, ce qui, tu l'avoueras, n'est pas top prestige.
commentaire n° : 3 posté par : Killcow (site web) le: 06/05/2008 16:57:03
Killcow,

Un peu spécieux, ce que tu écris. Certes, on ne "refait pas les matchs" à l'identique en politique, mais:
-S'il y a une crise anticipée (qui sait étant donné l'autre sondage, que j'ai commenté la veille et le fantasque de Sarkozy ?), l'élection présidentielle pourrait se rejouer plus tôt que prévu. On n'est pas à l'abri d'une crise de régime, où les Socialistes devront désigner la meilleure d'entre eux pour gagner: Ségolène.

-Tu ne sais pas quelle est la part de vote d'adhésion dans ces "53%" putatifs: ce n'est pas négligeable, même s'il y a une part d'hostilité à Sarkozy très importante dans ce montant, sans ancun doute...

-Je n'aime pas du tout que l'on dise "ce n'est pas prestigieux: elle n'est que Présidente de Poitou-Charentes". C'est un peu la même chose que "elle a démarré sa conseillère comme Conseillère de Tribunal Administratif", dit avec un certain mépris: Ségolène Royal et bien d'autres personnalités politiques ne sont peut-être pas "exposées". Mais on ne peut pas non plus les juger sur leurs mandats actuels, leur "prestige" supposé ou pas: il y a d'autres facteurs lourds qui font qu'un Delanoé, bien que maire de Paris, n'a aucun destin national, à contrario...

-
commentaire n° : 4 posté par : Julien (site web) le: 06/05/2008 20:45:28

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Lundi 5 mai 2008

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