On franchit une étape supplémentaire avec la publication du sondage qui suit le corps de cet article: pour la première fois, une majorité de Français manifeste son hostilité à ce
que Nicolas Sarkozy se représente en 2012.
Ce qui pouvait être présenté jusqu'ici comme la manifestation d'une défiance conjoncturelle, à une politique qui n'allait pas dans le sens escompté, se mue en une conviction, désormais
majoritaire dans lOpinion, que nous allons droit à une crise de régime si Nicolas Sarkozy reste 4 années de suite ainsi, à gouverner avec une majorité de sa couleur, un Premier ministre qu'il a
choisi...
C'est une annonce grave. En effet, le raz-de-bol contre ce nouveau pouvoir nous ramène aux heures sombres de la IVème République (et de la fin de la IIIème), où des équilibres
politico-institutionnels étaient défaits en quelques mois, où le gouvernement était obligé d'appeler les électeurs de façon anticipée, de changer de cap politique avec des
fréquences qu'on n'imagine plus aujourd'hui.
Toujours selon ce sondage, les Français ont majoritairement le sentiment qu'ils vivront moins bien en 2012 qu'aujourd'hui, avec un pouvoir d'achat plus encore réduit, une société plus
inégalitaire et "dure" qu'elle ne l'est, et des finances publiques certainement pas plus saines-en contrepartie, car c'est la seule-qu'elles ne le sont...
Le problème d'un changement ou pas de Premier ministre apparaît secondaire, voire éphinoménal: les Français expriment le fait que le problème n'est pas tant François Fillon que la situation de
crise grave vers laquelle nous nous nous dirigeons...
Le seul point d'optimisme qui ressort de cette étude est le chômage: il y a moins de chômage qu'en 2005-2006 (mais pas moins de job sous-payés) et donc un peu plus de raisons d'espérer sur
ce terrain: une société moins assistée par l'Etat, avec plus de petits boulots mal payés et sous-qualifiés: à la Brésilienne...
La réforme des institutions est le cadet des soucis des Français: la droite s'y attelle, demande à la gauche de ne pas obstruer le travail en cours de finition, qui renforce l'omnipotence du
Président de la République sur les autres pouvoirs: un alignement sur des standards argentins....
samedi 03 mai 2008 - 18h37 heure de Paris
PARIS (AFP) - 62% des Français pensent que la France va traverser une grave crise d'ici la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, et plus d'un Français sur deux (55%) ne souhaite pas qu'il se représente en 2012, selon un sondage CSA à paraître samedi dans l'hebdomadaire Marianne.
Selon cette enquête réalisée au lendemain de l'intervention télévisée du chef de l'Etat, 30% seulement des Français (dont 54% de sympathisants de droite) pensent que le chef de l'Etat va terminer son mandat sans difficultés majeures, et 8% ne se prononcent pas (NSPP).
Parmi les 62% qui pensent que le pays va traverser une grave crise d'ici 2012, figurent 75% de sympathisants de gauche, 60% de sympathisants du MoDem et 41% de sympathisants de droite.
55% des Français ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy se représente à l'élection présidentielle de 2012, tandis que 29% le souhaitent (dont 59% de sympathisants de droite). 16% NSPP.
49% souhaitent qu'il garde François Fillon comme Premier ministre jusqu'à la fin de son mandat en 2012, 20% qu'il le laisse terminer ses dossiers en cours, 11% qu'il change rapidement de Premier ministre (20% NSPP).
Plus d'un Français sur deux (52%) pense que sa situation personnelle sera moins bonne en 2012 qu'aujourd'hui, tandis que 21% pensent qu'elle sera meilleure. 14% ne se prononcent pas, et 13% pensent qu'elle ne sera ni meilleure ni moins bonne.
68% des personnes interrogées pensent que leur pouvoir d'achat aura diminué en 2012 (23% qu'il aura augmenté, 9% NSPP), 64% que la société française sera plus divisée qu'aujourd'hui (23% qu'elle sera plus rassemblée, 13% NSPP), 49% que les déficits et la dette publique auront augmenté (38% qu'ils auront diminué, 13% NSPP).
En revanche, un nombre plus important de Français (49%) pensent que le chômage aura baissé, comparé à 39% qui pensent qu'il aura augmenté et 12% NSPP.
Sondage réalisé par téléphone le 25 avril 2008, sur un échantillon national représentatif de 1.002 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (notice complète disponible auprès de la Commission nationale des sondages).
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